Vous estimez-vous comme Friedmanien et, si non, quelles sont vos différences?

Non, je ne suis pas Friedmanien. Mon maître en économie, c'est Ludwig von Mises, figure la plus célèbre de l'école autrichienne d'économie. L'élément de désaccord principal est le suivant. Pour Friedman, la quantité de monnaie est neutre d'un point de vue économique. Elle influence uniquement le niveau des prix sans changer la structure économique. Qu'une télévision vaille 10, 100 ou 1000 unités monétaires serait purement arbitraire. C'est une erreur. Les Autrichiens insistent sur la modification de la structure de production induite par l'existence d'une inflation. C'est ce qu'on appelle les effets Cantillon. La monnaie n'apparaît pas chez tout le monde en même temps et le pouvoir d'achat des personnes proches de la planche à billet sera artificiellement augmenté par rapport au reste de la population. La structure de production aura donc tendance à s'orienter vers la satisfaction prioritaire de leurs besoins, ce qui l'éloigne de l'optimum d'un marché libre. Conséquemment, les Autrichiens ne veulent pas d'une banque centrale qui contrôlerait l'offre monétaire avec un objectif de "stabilité" des prix (2à3% d'inflation l'an, ce n'est pas ce que j'appelle de la stabilité). Pour nous, le marché doit fournir lui-même les monnaies nécessaires aux différents moments du cycle économique. Il y aura des moments d'inflation et des moments de déflations. Parce que ces deux périodes correspondent à des phases différentes dans le cycle d'épargne et de dépense. Et il est sain qu'il en soit ainsi. Pour conclure, la théorie friedmanienne est la cause directe de la politique de Greenspan, Bernanke, Monti et C° avec tous les désastres que nous avons connus sur l'immobilier et ceux qui arriveront incessamment sur les dettes souveraines. Il est temps de changer de logiciel et de libérer la monnaie.
Ce poste a été rédigé par
Président du Parti Libertarien.
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