Laissons travailler les paysans !

Laissons travailler les paysans !

Aujourd’hui s’ouvre la foire de Libramont et, comme en France, nos éleveurs sont en colère. Et cela est fort logique vu le prix actuel du lait au producteur qui est loin de couvrir les frais. Le secteur laitier est en grande souffrance mais le bovin, le porc, les fruits et d’autres productions ne sont pas mieux lotis.

Le Ministre Collin a déjà annoncé, afin de tempérer l’ardeur de certains, quelques mesures telles la suppression cette année de la cotisation APAQ-W pour la promotion des produits. Néanmoins, il y a fort à parier que les syndicats agricoles, en total connivence avec le politique, vont encore demander plus de subventions, plus d’aides en tout genre et donc plus d’interventionnisme politique afin « d’aider nos agriculteurs ».

La colère de nos producteurs sera donc utilisée afin de demander plus de régulations et de sous aux politiques. Il est pourtant urgent qu’ils comprennent que ce sont les régulations diverses, les subventions et les réglementations multiples qui ont totalement perverti notre agriculture.

Au premier rang : la PAC, qui a totalement déréglé le marché en instaurant des outils de réglementation de l’offre tels que les quotas laitiers (que l’Europe a fait payer très cher aux jeunes producteurs après les avoir offerts à l’instauration en 1985.) Quotas qui ne valent maintenant plus rien puisqu’ils n’existent plus. Citons aussi Natura 2000 qui a dévalué et qui empêche d’exploiter pleinement des milliers d’Ha par leurs propriétaires. Enfin, n’oublions pas de mentionner également la responsabilité de l’Europe dans la fermeture du marché russe à nos produits l’an dernier. Par ses multiples manipulations et par l’instauration de prix minimums, l’Europe a maintenu une offre excédentaire et poussé les exploitants à s’endetter afin de produire des marchandises pour lesquelles il n’existe pas de demande.

Les producteurs ne demandent pas mieux d’avoir « un prix juste » pour leurs produits et cela, sans aucune subvention ! Mais le prix « juste » n’existe plus puisque le marché de l’offre et de la demande est totalement perverti par cet interventionnisme qui dure depuis les années 60, lorsque la PAC a été instaurée.

En tant que vétérinaire et en solidarité avec le reste du monde paysan, je serai à Libramont car s’il y a du grabuge, je veux y être mais pas avec l’état d’esprit « Donnez-nous plus de sous » mais avec l’état d’esprit… « Vous êtes les responsables du merdier dans lequel se trouve l’agriculture depuis 30 ans. »

Il est temps de libérer des carcans politiques nationaux et européens nos agriculteurs et de les laisser travailler, produire et vendre afin de pouvoir vivre décemment de leur travail.

 

Didier Vanderbiest

Président de la Fédération Luxembourgeoise du Parti Libertarien.

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